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Madame, Monsieur, chers compatriotes,

Vendredi, un professeur d’un collège de France a été assassiné de manière atroce, ajoutant son nom et son visage à la longue et éprouvante liste des suppliciés et martyrs français de l’islamisme, cette idéologie criminelle qui tue désormais de manière régulière dans notre pays.

Cette épouvantable tragédie pour une famille à laquelle je veux témoigner mon affectueuse compassion l’est aussi pour tout un corps de serviteurs de l’Etat, les enseignants, directement visés par cet abject assassinat.

Avec eux, c’est la République française tout entière qui a été attaquée dans ce qu’elle a de plus sacré : l’école, le lieu de la promotion sociale et de l’apprentissage de la réflexion, le lieu de la culture et de la transmission ;

L’école, « asile inviolable et sacré » que le ministre républicain Jean Zay, voulait, à juste raison, soustraire de la querelle des hommes.

Plus largement, c’est la Nation française tout entière qui a été frappée.

En enseignant la valeur de la liberté d’expression, dans toute sa complexité, mais avec un tact qui l’honore, Samuel Paty était fidèle à la vocation de l’école de la République, celle qui éveille les consciences, enseigne la nuance et conduit les enfants à une élévation de l’esprit.

C’est là le rôle de l’enseignant : à côté des savoirs, amener les enfants à une capacité de critique et donc de jugement, pour en faire des êtres éclairés et autonomes, des citoyens libres et réfléchis.

C’est une raison supplémentaire pour chercher à comprendre si et dans quelles conditions ce professeur consciencieux  a pu être abandonné par sa hiérarchie, livré à la vindicte de fanatiques religieux par certains de ses propres collègues et laissé sans protection par l’Etat.

Ces comportements indignes qui rendent ces personnes complices du lynchage qu’il a subi et peut-être même de son assassinat ne doivent plus pouvoir se reproduire.

Il faudra aussi comprendre les défaillances administratives et les responsabilités personnelles éventuelles des agents de l’Etat ou de services qui ont permis l’admission en France de l’assassin et de sa famille, dont on savait qu’elle était liée aux terroristes tchéchènes.

Personne ne peut admettre que pour la justice, l’Etat de droit  puisse signifier la neutralisation des prérogatives publiques et la déliquescence du droit, la mise en danger de la vie d’autrui et les atteintes à l’intérêt national.

Pour faire la lumière sur ces faits et sur les responsabilités, je demande la mise en œuvre immédiate d’une commission d’enquête.

Pour rendre hommage à M. Paty, j’ai tenu à aller me recueillir sur le lieu de son supplice et je demande que de nombreux établissements scolaires de France puissent porter son nom et ainsi honorer son engagement républicain.

Dans son article 10, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, reconnait la « liberté d’opinion » et le texte ajoute « même religieuse ».

Indirectement, ce texte fondateur de nos libertés publiques place donc la religion au rang des « opinions », ce qui la rend, comme toute opinion dans notre société, naturellement sujette à la critique.

C’est pourquoi, notre société qui ne reconnaît aucune religion d’Etat, ignore la notion même de blasphème qui relève donc d’une appréciation religieuse.

Ces valeurs, celles de la liberté d’analyse, de jugement ou d’expression – une expression même potentiellement choquante quand il s’agit par exemple de caricatures, par nature peu respectueuses –  sont celles de notre République.

Ce sont aussi celles de la France et au-delà, celles de notre civilisation qui ont fait de la liberté individuelle, de la liberté de l’esprit le prolongement du caractère sacré de la personne humaine.

Avec le spectre d’exécutions extra-judiciaires, les islamistes voudraient rétablir le délit de blasphème dans notre pays.

Par l’autocensure que la peur génère, nous assistons déjà à un rétablissement feutré du crime de blasphème ce qui marque une première victoire de l’obscurantisme.

Admettre cela comme un fait irréversible, ce serait commencer à admettre l’application de la charia en France.

Or, même si cela est difficilement compréhensible pour les esprits imprégnés d’une vision théocratique, dans notre pays, la loi humaine s’impose sur la loi divine.

Notre civilisation consacre, en effet, la salutaire distinction entre le temporel et le spirituel, « rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».

C’est là le fondement de notre laïcité, principe qui, dans notre pays enclin aux guerres de religion, garantit la paix civile et religieuse.

En réalité, avec ce drame de Conflans-Sainte-Honorine, la France est plongée dans une barbarie inqualifiable.

En fait elle a un nom : elle se nomme « islamisme ».

L’islamisme mérite à un double titre d’être qualifié de « barbarie » :

  • D’abord par l’ignominie des procédés qui relèvent de la bestialité, c’est-à-dire d’agissements sans conscience de la valeur de la vie et de la dignité humaine ;
  • Barbarie aussi parce que l’acte est commis par des barbares qui ignorent le sens même de nos valeurs les plus sacrées et croient pouvoir faire triompher, y compris dans le sang, l’obscurantisme le plus hideux.

Ce qui s’est passé le 16 octobre n’est pas vraiment une surprise, mais une nouvelle étape dans la dégradation de la situation.

Ce 16 octobre, la France s’est réveillée devant la monstruosité d’un péril qui la guette en réalité depuis des décennies, mais que les pouvoirs impuissants et les gouvernements sans repères ont laissé entrer sur notre sol, s’y développer, prospérer pour finalement s’insinuer dans tous les recoins de notre société.

Que de temps perdu depuis les foulards de Creil qui étaient les premiers étendards d’un islamisme scolaire, et depuis les Khelkal et les Mehra qui en furent les premiers emblématiques exécuteurs.

Faut-il citer toutes les atteintes à notre pacte républicain que des pouvoirs pusillanimes ou moralement corrompus ont admis sous la pression des islamistes.

Dans ce défi où la règle est de faire reculer la République, chaque revendication satisfaite appelle une revendication supplémentaire.

En ces tragiques circonstances, le romancier algérien Boualem Sansal  a tenu à nous rappeler que la menace à laquelle la France à faire ne procède pas de la dérive individuelle de quelques illuminés et encore moins de quelques déséquilibrés, mais d’une offensive organisée, d’une idéologie criminelle, « un Etat sans territoire » nous dit-il « sans frontières » qui a déclaré la guerre au monde entier, aux musulmans laïcisés, aux juifs, aux chrétiens ou aux athées, avec l’objectif d’imposer partout un implacable ordre théocratique.

Avons-nous compris que les meurtres de masse du Bataclan ou de Nice, les attaques ciblées contre nos militaires, nos policiers, les atroces assassinats d’un prêtre ou d’un chef d’entreprise et aujourd’hui d’un enseignant constituent une déclaration et des actes de guerre que nos dirigeants ont toujours cherché à minimiser.

Des décennies durant, deux fautes et peut-être deux crimes contre la Nation ont été commis:

  • 1) Laisser cette idéologie islamiste totalitaire et criminelle prendre pied dans notre pays;
  • 2) Lui fournir, notamment par une immigration incontrôlée, une armée qui s’y est infiltrée pour la servir avec ses lieux pour l’abriter, ses écoles pour la former, des réseaux pour la renforcer; la récente manifestation d’illégaux comme la promesse de régularisation en masse imposée peu ou prou par l’Union européenne à des gouvernements soumis en disent long de cette trahison qui se poursuit.

Après avoir invoqué « la guerre » à propos d’une alerte sanitaire, le président de la République se trouve aujourd’hui réduit, devant un acte de guerre perpétré contre un citoyen français, à un très convenu et déjà très tardif: « ils ne passeront pas ! ».

Faut-il que l’édifice politico-administratif soit quelque peu dépassé par les évènements ou peu en prise avec les réalités du monde pour que, face à une force organisée et déjà installée, prosélyte et conquérante, notre président n’ait à proposer qu’une insuffisante et anachronique stratégie d’endiguement.

La situation appelle une stratégie de reconquête.

Il y a peu, le président a ouvert un débat sur le séparatisme.

Nous nous en félicitons et ce tragique événement nous conforte dans l’urgence des décisions et de l’action.

Il ne s’agit pas de mener la guerre à une ou des religions, mais de s’attaquer à la dérive sectaire d’un islam politique et de son idéologie criminelle, l’islamisme.

J’ai dit notre intention de participer de manière active et constructive au débat parlementaire qui va s’ouvrir.

Pour autant, il ne s’agit nullement pour le mouvement national de servir de caution à un pouvoir faible et indécis : nous pensons que l’irrésolution contribue à armer les bras des assassins et notre pays, au tournant de son histoire, n’a plus le temps des errements, des approximations et des excuses.

Parce qu’il y va de l’intérêt national et même de l’intérêt vital des Français, notre participation et notre bienveillance seront proportionnelles à la capacité du pouvoir à écouter et adopter notre plan de reconquête républicaine.

Pour nous, la République doit reprendre le contrôle.

Pour nous, comme pour tous les Français, l’éradication de l’islamisme sur le sol français n’est plus une option, mais une obligation.

Cette reconquête républicaine que nous voulons repose sur trois piliers :

– La restauration de l’Etat ;

– La réaffirmation de la République ;

– L’unité de la nation

La restauration de l’Etat :

L’islamisme est une idéologie belliqueuse dont le moyen de conquête est le terrorisme.

Puisque le terrorisme est un acte de guerre, il exige une législation de guerre.

Cette législation d’exception sera conforme à l’état de droit ; elle sera dirigée contre les terroristes, n’affectera aucunement les libertés publiques des citoyens, mais, au contraire, les garantira : procédures policières et judiciaires spécifiques, possibilité de surveillance étendue, régime carcéral spécifique  …

L’Etat, par l’action de toutes ses administrations, doit être le garant des valeurs républicaines.

A ce titre, ses services doivent être débarrassés de toute présence ou toute influence islamiste qui pourrait exister en son sein.

Plus aucune complaisance directe ou indirecte de l’administration comme on l’a vu lors de l’attentat de la préfecture de police de Paris ou dans le drame de Conflans ne doit être admise ; la responsabilité pénale des fonctionnaires défaillants ou complaisants doit pouvoir être engagée avec des révocations à la clef.

L’Etat doit se réarmer moralement et matériellement : renforcement des moyens des polices nationale et municipale comme de la gendarmerie, corps militarisé parfaitement adapté à ces situations ; évolution de la légitime défense, armement obligatoire des polices municipales, renforcement des moyens de justice, création de centres pénitenciers adaptés …

L’Etat doit mettre en cohérence toutes ses actions : ses rapports avec les cultes comme sa politique étrangère, ses programmes scolaires comme ses formations dans les écoles d’administration, sa politique de subvention comme son contrôle des collectivités territoriales.

Aucune faction religieuse ne doit pouvoir imposer de revendications exorbitantes : les interdits religieux, les atteintes à la mixité, les exigences communautaristes, les occupations illégales de l’espace public doivent être traités sans complaisance…

Les prêcheurs de haine comme les propagateurs du séparatisme religieux doivent être poursuivis et s’ils sont étrangers, expulsés sans délai.

Vous l’avez compris.

Comme à certains moments de son histoire, la République doit montrer toute la détermination dont elle est capable, tout cela dans le cadre d’un Etat de droit, ce qui suppose un Etat et du droit, un état restauré et une loi appliquée.

La réaffirmation de la République

Au fanatisme, nous devons opposer la beauté de l’émancipation de l’homme, à l’obscurantisme l’intelligence de la raison et du cœur, à la soumission l’attachement à la liberté, à la violence la force, la force légitime de la loi dans son implacable rigueur.

La République ne doit pas avoir de réticence à faire triompher partout son projet émancipateur et la France ses valeurs de civilisation.

La laïcité, fondement de la paix civile, doit être appliquée pour libérer les espaces publics d’une appropriation religieuse abusive dont le port du voile est une des expressions, pour prémunir de revendications inacceptables, pour contraindre les dérives communautaristes.

L’unité de la Nation

La citoyenneté française devra être restaurée avec une réforme du code de la nationalité et la mise en œuvre de déchéances effectives de nationalité, la révision des conditions d’expulsion et le contrôle systématique des dérives sectaires.

Aucun étranger fiché S pour islamisme, en situation régulière ou irrégulière, ne doit pouvoir rester en France.

Un binational fiché S pour islamisme doit être déchu de sa nationalité et renvoyé.

Un Français fiché S pour islamisme doit être poursuivi pour intelligence avec l’ennemi, condamné et incarcéré.

La politique migratoire qui nourrit le communautarisme, terreau de l’islamisme, doit être drastiquement revue : compte tenu des attaques terroristes désormais régulières, notre pays doit faire jouer des clauses de sauvegarde de l’UE afin de reprendre la maîtrise de ses frontières nationales ;

Un moratoire immédiat sur l’immigration et sur les naturalisations doit être décidé ; le Pacte pour les Migrations et l’Asile présenté par l’Union européenne doit être rejeté par la France.

L’école doit redevenir le lieu où s’enseignent l’amour de la France et le respect des Français.

Boualem Sansal qui a connu les années noires dans son pays, nous rappelle avec amitié que la guerre contre l’islamisme est une guerre totale.

Cette guerre contre l’islamisme, nous devons la mener vraiment. Nous allons la gagner, unis autour de nos valeurs.

Honneur à Samuel Paty,

Vive la République,

Vive la France !

 

Source : https://www.facebook.com/MarineLePen/videos/665662067710087