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A peine dévoilés, les 30 premiers noms de liste de la majorité REM-MoDem-Agir!-MRSL-Société civile…etc, font déjà entendre leurs premiers couacs.

«La liste aura de la gueule!» nous faisait-on savoir au QG de campagne de REM. Un vaste rassemblement de Cohn-Bendit à Juppé nous promettait l’inénarrable Christophe Castaner…Vaste programme !

Il ne fallait certes pas s’attendre de la part des protagonistes de ce « casting » à ce qu’ils défendent davantage de fermeté en matière migratoire, ou encore un peu plus d’oxygène en matière de fiscalité, une revendication phare de la crise de gilets jaunes.

Bien au contraire, les colistiers de Madame Loiseau se révèlent de chauds partisans du fiscalisme et de l’immigration de masse, la liste dans son ensemble envoie un message très clair de « francosceptiscisme »…


Commençons par le cas Canfin : Pas plus tard qu’il y a quatre mois, l’ancien ministre de François Hollande critiquait « vertement » la politique environnementale du président. Dans une interview au parisien :

« Je regrette le paradoxe qui existe entre ses discours et ses décisions », expliquait-il. Il se disait également « très perplexe » sur l’annonce par Emmanuel Macron d’une « grande concertation de terrain sur la transition écologique et sociale ». « Les Français n’attendent pas un énième round de concertation déconnecté de leur réalité. Ils attendent des réponses concrètes à leurs problèmes »

ajoutait-il.

Devant Paris-Match en décembre, l’écologiste jugeait encore que « le président n’en faisait pas assez ». Un peu plus tôt, en juin 2018, il regrettait, cette fois dans une interview à l’Obs, que l’écologie était pour le président « une variable d’ajustement ». « Ce n’est pas très différent de ce que nous avons connu sous Nicolas Sarkozy », ajoutait-il.

Attardons-nous à présent sur Elisabeth Morin-Chartier qui avait rejoint avec enthousiasme la campagne de la majorité dans le sillage de son mentor l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Le 4 Mars elle s’était rendue à la maison d’arrêt de Saintes pour parler d’Europe et n’a pas ménagé ses efforts pour faire la promotion du projet macronien pour celle-ci. Lorsqu’elle apprend que son nom ne figure pas dans les 30 premiers noms de la liste (comprendre : en place éligible), l’ancienne présidente de la région Poitou-Charentes a pourtant pris une décision rapide en se mettant en retrait de la campagne . Elle a envoyé un communiqué de presse :

« Je souhaite à Nathalie Loiseau « bon vent » pour faire gagner la ligne politique européenne ! Quant à moi, je dors sur mes deux oreilles : j’ai fait mon job de députée européenne à fond, pendant ces douze années au Parlement européen, entourée de ma formidable équipe. Je remercie les électeurs qui m’ont toujours fait confiance. Pour eux, j’ai pris la barre de l’Europe sociale, de la directive travailleurs détachés au Fonds social européen – en passant par le Fonds européen d’aide aux plus démunis »…

Enfin, soulignons la présence sur cette liste en place éligible (21e et 22e place) de deux personnalités étrangères en la personne de madame Chrysoula Zacharopoulou, obstétricienne gynécologue grecque et de Sandro Gozzi, ancien délégué aux affaires européennes du gouvernement Matteo Renzi. Pour souligner la dimension « transnationale » de la liste nous assure t’on du côté de REM…
Si on met de côté le sort qu’ont réservé les italiens au parti de M. Gozzi pas plus tard qu’il y a un an (le PD n’arrive à ce jour toujours pas à ravir la seconde place aux mouvement 5 étoiles dans les enquêtes d’opinion italiennes) Il est permis de s’interroger sur la capacité et la motivation de ce monsieur pour représenter et défendre les intérêts du peuple français au parlement européen.

Quelle est la position de M. Gozzi dans le dossier Ficantieri/Chantiers de l’Atlantique de Saint-Nazaire ? La question mérite d’être posée.

Le moins qu’on puisse dire c’est qu’entre les deux listes favorites pour gagner ces européennes, celle de M. Bardella et celle de Mme Loiseau, les français auront un choix on ne peut plus clair. Le décor est planté, les protagonistes sont connus.