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Quand allez-vous dévoiler votre liste ?

On a prévu de la déposer en préfecture jeudi. On a pris rendez-vous avec vos collègues du Dauphiné, ce sera fait. La liste est complète, la question qui reste en suspens c’est dans quel ordre elle va sortir (les dernières tractations de fin de campagne).

Vous avez un sérieux déficit de notoriété sur la ville, comment en aussi peu de temps le rattraper ? Est-ce que le vote pour vous c’est d’abord un vote d’étiquette ?

Evidemment, comme dans toute élection, il y a toujours une base électorale qui est là, qui est présente, qui nous fait confiance. Je ne suis pas un professionnel de la politique. Je suis – comme M. Auger – chef d’entreprise. Je viens proposer un espoir, une nouvelle gouvernance pour la ville, d’où le nom de notre liste qui s’appelle Au service des Valentinois. L’idée c’est de remettre dans les mains de la population les clefs de son avenir, de sa destinée. C’est plus dans un esprit de service que je fais cette démarche-là, puisque je suis par ailleurs bien occupé par mon travail. C’est proposer un autre modèle de gouvernance de la cité.

Le Rassemblement national pour le coup, on vous entend peu sur ces questions d’écologie. Qu’est-ce que vous aujourd’hui apportez dans votre campagne pour répondre à une des premières préoccupations de nos citoyens ?

Justement, c’est ce qui est surprenant. Vous disiez tout à l’heure que l’écologie n’est pas une vertu de droite. Bien au contraire, ce qu’on appelle parfois péjorativement le conservatisme, c’est quoi ? C’est protéger son environnement, l’embellir, le transmettre à ses enfants encore plus beau qu’on ne l’a trouvé.

Pardon, mais ce n’est quand même pas un thème où on vous entendait beaucoup jusqu’à présent ?

Eh bien si, au démarrage dans les fondamentaux, le Front puis le Rassemblement national a toujours été un parti très conservateur sur ce domaine-là. Mais bon, on ne va pas refaire toute la genèse philosophique. Je me réjouis de voir ces jeunes aujourd’hui se préoccuper de leur environnement, c’est une très bonne chose. Prendre conscience que notre écosystème est fragile et qu’il faut l’entretenir et l’embellir. Par contre, j’ai peur qu’en agitant ces problématiques du climat, on les détache de la réalité et des enjeux environnementaux qui eux sont immédiats. Si on prend exemple de notre commune aujourd’hui, on a une pollution qui est assez sensible dans la vallée du Rhône et qui est liée à cette A7, c’est pour ça que vouloir décorréler ce sujet de l’environnement à mon avis n’est pas judicieux. Je me suis beaucoup amusé l’été dernier quand on a eu une toute petite vague de chaleur, qu’il faisait 40, de voir que finalement beaucoup d’avenues avaient perdu leurs arbres et ça peut se comprendre, puisque les mandatures précédentes ont estimé que des arbres ça coûte cher à élaguer, à entretenir, il faut ramasser les feuilles. On réalise aujourd’hui un peu tard, mais tant mieux, qu’une canopée sur une avenue permet de diminuer la température de 4, 5, 6 degrés et que mettre en place des allées vertes, arrêter de boucher des dents creuses avec du béton ça a aussi des vertus. Donc on va s’opposer à cette bétonisation. On aimerait changer la façon de traiter l’urbanisation en arrêtant de construire mais en réhabilitant l’habitat existant qui lui est très vétuste. On remplira donc deux objectifs : environnemental mais aussi social.

Sur cette écologie punitive, parmi les mesures que vous évoquez, M. Auger, à chaque fois c’est de l’écologie punitive sur la taxation des véhicules à moteur à essence. Il ne faut pas oublier que si les gens viennent en voiture, c’est aussi parce qu’il y a un défaut de transports en commun, parce qu’on est dans une ville de taille moyenne où on a autour une campagne et que des commerçants ou des gens qui viennent en ville n’ont pas d’autre moyen de transport pour venir de loin. La voiture qu’elle soit à moteur thermique ou à essence continuera à produire des particules fines. Je vous rappelle que la moitié des particules fines qui sont émises l’est du fait du freinage, des plaquettes donc je ne vous fais pas un dessin. Là aussi il y a peut-être des solutions faciles à trouver comme le réaménagement de la circulation. On a aujourd’hui une grande balafre dans Valence qui est cette zone de triage de voie ferrée qu’on peut aménager avec des passerelles, on peut faciliter les modes de déplacement doux. Il y a des choses à faire qui ne sont pas punitives et qui sont pour favoriser la vie des habitants. C’est ce qu’on veut faire.

Est-ce qu’il faudrait étendre les horaires de bus à Valence ?

Sur la densification du réseau urbain, j’étais encore la dernière fois au Petit Charran, j’étais obligé de prendre la voiture pour aller jusqu’à un arrêt de bus. Je suis aussi opposé à la gratuité parce que ce qui est gratuit déresponsabilise et d’ailleurs ce qui est gratuit n’a pas de valeur. Et enfin il y a aussi d’autres modes de déplacement que le bus. Pour terminer sur le bus, une des contraintes rédhibitoires ce n’est pas qu’une question d’horaires, c’est aussi une question de sécurité. Les gens préfèrent prendre la voiture le soir, parce qu’ils se sentent plus en sécurité dans leur voiture que dans un bus. A ce moment-là il faut réfléchir aussi à un accompagnement et à une présence policière ou de sécurité pour permettre la sécurité des passagers.

Que faire de l’autoroute A7 ?

J’aimerais juste apporter une précision pour que tout le monde ait bien en tête l’historique de cette problématique de l’A7. En fait, le contournement de l’A7 a été voté en 1992, inscrit dans les textes de loi et une concession a été accordée à ASF à l’époque – allez regarder les documents, je pourrai vous les fournir – pour qu’ils réalisent ce contournement en échange de ces péages routiers qui devaient financer ce contournement, ce qui veut dire que ce projet était autofinancé. Le périphérique Est a été doublé, les ponts ont été construits, le foncier a été réservé, tout a été prévu mais ça n’a jamais été réalisé. Pourquoi ? Alors que c’est inscrit dans la loi. A ce sujet d’ailleurs, je pense que c’est un problème de volonté politique. A la région, puisque je suis conseiller régional, j’ai déposé un amendement en demandant donc à l’exécutif de M. Wauquiez et de M. Daragon de remettre sur la table ce projet-là et d’accorder un budget pour remettre les études de réalisation. Malheureusement, je regrette que M. Daragon n’ait pas été là pour le soutenir et en plus l’exécutif l’a rejeté. C’est bien dommage, la bonne nouvelle c’est qu’apparemment tout le monde semble enfin convaincu qu’il faut enlever cette autoroute d’une manière ou d’une autre. L’enfouir ne résoudra rien, puisque la pollution ressortira par les bouches d’aération.

Quel est le problème du centre aqualudique ?

On revient à la thématique numéro 1 de notre programme : la gouvernance. Sur un sujet comme ça, si on avait demandé aux Valentinois, êtes-vous prêts à supporter 98 % du coût du projet et à confier les bénéfices à une société privée, accepteriez-vous ce projet ? Je ne suis pas sûr de la réponse. Il faut changer la façon de gouverner la ville, il faut demander aux Valentinois ce dont ils ont besoin, il faut que les projets viennent de la base et il faut que les élus rendent des comptes aux administrés. Sur un projet aussi emblématique, la solution aurait été complètement différente.

Quelle identité pour la ville ?

Je vais revenir sur les fondamentaux de votre question. Vous parlez d’identité. Dans l’identité, il y a deux aspects. Il y a la physionomie, effectivement je vous rejoins, il faut un marqueur. On propose en fait de déconcentrer tout ce qui est service de proximité mais aussi activités, faire en sorte que tout ne soit pas en centre-ville en créant des villages dans la ville. Mais il y a aussi fondamentalement l’âme de Valence. Valence a une histoire qui est bimillénaire, c’est une ville de passage puisqu’elle était une colonie romaine. D’ailleurs vous savez d’où vient le nom de Valence ? Colonia Valentia qui siginifiait la colonie romaine. Aujourd’hui on ne valorise pas ce patrimoine historique et culturel de Valence. Qui sait que Louis XI a été un grand bienfaiteur de la ville, a permis son rattachement à travers le Dauphiné à la France ? Qui sait que Pie VI a eu un rôle énorme ? Qui connaît Louis le Cardonnel ? Napoléon Bonaparte, on n’a pas de reconstitution historique. Il y aurait énormément de choses à faire.