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Lors du dernier Conseil municipal de Valence, j’ai défendu le contournement de l’autoroute contre le projet de recouvrement partiel privilégié par la municipalité. Ça a au moins le mérite de rouvrir le débat par presse interposée et d’obtenir enfin des informations sur les intentions du maire, même si elles ne sont pas clairement définies…
On a pu lire récemment dans la presse une série de déclarations de diverses personnalités politiques, de la Commune à la Région, presque de façon subliminale, sur l’éternelle question de « rendre le Rhône aux Valentinois ».
Il y a quelques années, trois projets principaux étaient en compétition : l’enfouissement de l’autoroute, le contournement de la ville au-delà de la Lacra, et le contournement par la Lacra. C’est ce dernier qui a le soutien du Front National, car il répond aux attentes des Valentinois et il permet de substantielles économies en utilisant l’infrastructure qui existe déjà, la Lacra, dont les ponts ont été conçus dès l’origine dans cette perspective.
Aujourd’hui un quatrième projet s’invite sans prévenir, le « recouvrement partiel » sur une centaine de mètres avec des murs en béton, certes végétalisés, de part et d’autre. On l’apprend par la presse, et on découvre que financements et calendrier sont déjà arrêtés, mettant ainsi les Valentinois et le Conseil municipal devant le fait accompli.
Pourquoi envisager maintenant un programme qui, malgré ce qu’on en dit, rate complètement sa cible. Non seulement il ne rend pas le fleuve à la ville, mais plus grave, il dresse un mur entre la ville et le fleuve ! Il entérine par là à tout jamais cette balafre qu’est l’autoroute en travers de Valence ! Il entérine aussi à tout jamais les autres problèmes qu’il ne règle pas comme par exemple la pollution générée par l’autoroute. Si ça se concrétise, dans quelques années on nous reprochera, « une deuxième erreur historique ».
Les Valentinois doivent pouvoir se prononcer sur des sujets de cette importance. Le Maire, lors de ses vœux à la ville, en citant le cas de l’école de Laprat, s’est dit attaché à la concertation, et l’a d’ailleurs montré. Alors pourquoi décide-t-il sans concertation de figer un choix du passé que déplorent tous les Valentinois ? C’est de leur avenir dont il est question ici, du futur de Valence, de son image, voire de son identité, et de l’envie ou non qu’on aura de s’y installer et d’y vivre.
Alors ça vaut peut-être la peine de prendre le temps d’en parler tous ensemble.
Je suggère de donner aux habitants de Valence et des environs la possibilité d’exprimer leur avis, le seul qui compte en démocratie, sur la réalisation qui a leur préférence, lors d’un référendum. Chacun, y compris la population, doit prendre sa part de responsabilité dans une décision aussi importante.
En septembre dernier, le Maire avait déclaré : « un référendum est tout-à-fait légitime » et il avait dénoncé « les décisions autoritaires et unilatérales imposées par le gouvernement ». Quelle que soit la cause, le principe de demander son avis au peuple dans une situation particulière est toujours légitime. Le Maire ne peut pas adopter aujourd’hui une position qu’il dénonçait hier.
J’ai donc demandé au Maire de permettre aux habitants de Valence d’exercer leur droit légitime de se prononcer par référendum sur cette importante question.
Eh bien si ! le Maire peut prendre aujourd’hui une position qu’il dénonçait hier ! Il prétend nous faire croire que cette solution de recouvrement partiel est temporaire ! Il nous explique que l’investissement de 50 millions est pour parer au plus urgent, mais que dans cinq ans, si la possibilité se présente, on va réinvestir des millions pour démonter les murs antibruit et procéder au contournement pour lequel il prétend se battre ! Soit il est sincère, mais alors il est irresponsable de jongler avec une telle désinvolture avec nos impôts, soit il nous enfume encore une fois ! Pour ce qui est du référendum, ce grand démocrate se passera de votre avis, puisqu’il y aura une enquête d’utilité publique. Le référendum, il le soutient quand ça concerne une autre commune, mais pas Valence, faut pas pousser…
Votre avis nous intéresse. Quelle solution préférez-vous : contournement, recouvrement, laisser tel quel, autre ? Croyez-vous que monter ce recouvrement partiel avec les murs antibruit n’empêchera pas de nouveaux travaux d’ici quelques années ?
Merci pour vos commentaires !
Bernard Sironneau, Conseiller municipal FN à Valence